Il suffit de respirer et de te regarder, c'est pour toujours et à jamais, c'est invraisemblable, époustouflant comme la joie de vivre nous étouffe, je n'avais jamais vécu ça, est-ce que tu ressens ce que je ressens? tu ne pourras jamais m'aimer autant que je t'aime, non c'est moi qui t'aime plus que toi, non c'est moi, non c'est moi, bon c'est nous, c'est si merveilleux de devenir complètement débile, à courir vers la mer, tu étais faite pour moi, comment exprimer quelque chose d'aussi beau avec des mots, c'est comme si, comme si on avait quitté la nuit noire pour entrer dans une lumière éblouissante, comme une montée d'exstasy qui ne s'arrêterait jamais, comme un mal de ventre qui disparait, comme la première bouffée d'air que tu inspire après t'être retenu de respirer sous l'eau, comme une réponse unique à toutes les questions, les journées passent comme des minutes, on oublie tout, on nait chaque seconde, on ne pense à rien de laid, on est dans un présent perpétuel, sensuel, sexuel, adorable, invincible, rien ne peut nous atteindre, on est conscient que la force de cet amour sauvera le monde, oh nous sommes effroyablement heureux, tu montes dans la chambre, attends-moi dans le hall, je reviens tout de suite, et quand tu as pris l'ascenseur j'ai grimpé par l'escalier quatre à quatre, en sortant de l'ascenseur c'est moi qui t'ai ouvert la porte, oh nous avions les larmes aux yeux d'avoir été séparés trois minutes...
[Frédéric Beigbeder, "L'amour dure 3 ans"]
Jerem je t'aime